| Après de longues décennies d'attente, les habitants de la ville de Sfax peuvent enfin se dire qu’ils ont enfin retrouvé la Grande Bleue!; Ils commencent enfin à récupérer ses irremplaçables rivages. La première phase du projet Taparura visant à réconcilier la ville avec la mer s'est terminée comme prévu le 12 mai 2009. C’est déjà bon présage…
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Pourquoi le projet Taparura ? Ce projet est né de la volonté de dépolluer un site qui représente, comme celui de la frange sud de la ville, l’un des deux principaux points noirs de la zone urbaine de Sfax: une « biosphère locale » sérieusement lésée et affectée. C’est de là qu’a émergé l’idée de dépolluer l’ancien site de la NPK et de créer un nouvel espace urbain. Le choix du site est donc le fait d’une contrainte technique et non pas d’un choix délibéré car ce nouvel espace vient s’insérer sur une sorte « d’envers du décor » de la ville de Sfax que sont les grands équipements d’infrastructure de la ville : le Port de commerce, la zone ferroviaire et une importante zone industrielle. Il s’agit donc de la dépollution de la côte nord de la ville de Sfax, la réhabilitation des plages et l’extension de l’agglomération urbaine sur un espace gagné sur la mer équivalent à 20 fois celui de la Médina et ce dans la zone allant du port de commerce jusqu’au théâtre en plein air de Sidi Mansour.
Quelles sont les principales dates à retenir ? Au tout début des années 60 : Implantation en plein espace urbain de l’usine de transformation des phosphates NPK. Octobre 1991 : fermeture de la NPK par décision du Président de la République, laissant derrière elle un paysage apocalyptique. Le plus visible est un important foyer de pollution constitué d’un énorme dépôt de phosphogypse sur 50 ha entouré par une plaque du même type s’étendant sur 90 ha. 6 avril 2006 : Préparation des travaux du projet Taparura 5 mars 2008 : Démarrage des travaux sur le terrain 8 avril 2008 : Décision historique du Président Zine El Abidine Ben Ali de la fermeture de la Siape, l’autre foyer de pollution majeure 12 mai 2009 : Achèvement des travaux de la première phase du projet Taparura. 13 mai 2009 : Commencement de la seconde phase.
L’achèvement des travaux a respecté rigoureusement la date fixée, preuve qu’à Sfax, avec les hommes de bonne volonté, rien n’est impossible, et l’avancement des travaux d’un projet peut suivre la vitesse d’exécution prévisionnelle. Le savoir-faire de Monsieur Riadh Hentati PDG de la Société d’Etudes et d’Aménagement des Côtes Nord de la Ville de Sfax chargée du projet, qui a pris les commandes au cours de ces dernières années y est pour beaucoup. Tout le long de ce parcours, il a travaillé dur et s’est entouré d’une équipe dynamique (unité de gestion du projet) ouverte à la fois sur les compétences nationales et internationales.
La première phase en quelques lignes Les travaux de la première phase ont principalement comporté : - le décapage de la plaque de phosphogypse, des matériaux terrestres et marins pollués qui contournent un dépôt central de phosphogypse. Ce dernier a été remodelé, aménagé sous forme d’un tronc de cône, parfaitement isolé sur tout son périmètre puis recouvert de tout bord par de la terre végétale ; - la construction de plusieurs ouvrages : épis, canal de collecte des eaux pluviales : - enfin les travaux de dragage et de remblai hydraulique des terrains, gagnés sur la mer, destinés à l’espace urbain et de la nouvelle plage.
Financement de la première phase ? Le coût total de la première phase est de 140.5 millions de dinars, financé à hauteur de 84.76% par des prêts accordés par des institutions européennes (Banque Européenne du Développement, banques publiques et privées belges et françaises) et 15.24% par l’Etat tunisien.
La seconde phase : l’étape décisive, on y est déjà ! En ce qui concerne la seconde phase qui vient théoriquement de commencer, l’espace gagné est maintenant prêt pour la création d’activités touristiques, culturelles, commerciales, résidentielles, de service et surtout d’animation et de loisirs. Avec les six kilomètres de plage et de promenade, un parc urbain est prévu sur une étendue équivalente à deux fois celle de la Médina. Dans ce sens, le premier responsable de la société, en concertation avec l’Université n’a pas attendu la fin des travaux et a organisé le 11 mai 2009 au siège du Rectorat à Sfax, une rencontre avec les chercheurs et universitaires de la région pour débattre des idées et programmes à établir et ce pour mieux assurer la réussite de la seconde phase du projet.
Réussir impérativement la seconde phase Les premiers éléments mentionnés sur les prospectus et constatés sur le terrain (encore nu) marquent une nouvelle fois la volonté de la société chargée de l’aménagement de se lancer dans la création d’un espace moderne, convivial s’intégrant parfaitement dans les perspectives du développement durable [énergie propre (éolienne et solaire pour alimenter deux petits ports de pêche), transport propre, espaces verts etc..]. On ne traitera pas dans ce qui suit des grandes composantes du futur espace urbain, de leur agencement et de leurs particularités, en cours d’études fines, faites par les éminents spécialistes en la matière. Toutefois bien des "problèmes et difficultés" sont à surmonter sans tarder afin que puise être établie une jonction équilibrée et intelligente entre l’espace Taparura et ses environs immédiats, proches et lointains. Ces problèmes concernent les points de connexions entre le centre ville historique d’une part et Taparura d’autre part, le port, les installations ferroviaires, la Gare de marchandises ainsi que le passage de la pénétrante nord-Sud qui doit établir une connexion fluide avec le centre ville et la frange sud de la ville de Sfax.
Dans l’esprit d’un développement durable pour tout l’espace urbain, on ne peut accepter de moduler le projet rien qu’en tenant compte du court terme. Ce projet devrait être pensé avec une conception futuriste des lignes et des tendances, qui auront tout leurs sens dans le temps, au fur et à mesure que les zones environnantes se transformeront.
Aussi est-il facile de comprendre, que l’on soit technicien spécialiste, citoyen averti ou même profane, qu’il est nécessaire de penser dés maintenant à :
1/ la délocalisation des ateliers mécaniques de la SNCFT* qui font actuellement obstacle entre l’ensemble « Médina - Bab Bhar » et Taparura et leur déplacement loin dans la banlieue sud de la ville de Sfax afin de libérer un front de presque 1 km longeant la gare et l’esplanade de voies ferrées.
2/ L’établissement d’un passage moderne, confortable, sécurisé et sûr entre la ville et l’espace de Taparura. Plusieurs jonctions (au moins trois) devront être créées avec Taparura, l’axe central et le plus important pourrait être tout naturellement l’avenue Ali Belhaouene (situé entre la Médina** et Bab Bhar) que l’on pourrait prolonger jusqu’au front de mer tout en contournant légèrement le parc urbain.
Cette configuration nécessite forcément le choix entre les deux solutions suivantes : - soit le surpassement de l’esplanade des voies ferrées de la SNCFT par un viaduc, -soit le passage en souterrain, sur quelques centaines de mètres du trafic des voyageurs.
3/ L’arrêt des industries telles que celles des engrais et l’activité phosphatière du port de la ville et son déplacement vers un autre port en raison de son caractère extrêmement polluant, principalement le déchargement du souffre à proximité de la future zone urbaine;
4/ La réaffectation : - de l’ancienne plateforme des hydrocarbures du port en zone de « conteneurs » et, - du quai de commerce du port en un quai pour les bateaux de croisières.
5/ La jonction entre la partie sud de la ville et Taparura via le centre ville pourrait être assuré par un pont à grand rayon de courbure, légèrement plus élevé que l’actuel (tout petit) pont « mobile » ( ? ) appelé à disparaître, ce qui autoriserait le passage des bateaux des plaisanciers et des voiliers…
6/ La création d’une gare de marchandises au Sud de l’agglomération urbaine (par exemple à la hauteur de l’emplacement actuel de la SIAPE dont la fermeture est prévue avant 2011). Cette vision, compte tenu des nouvelles activités proposées pour le Port plus haut (3 et 4) deviendrait possible et cohérente.
7/ La mutation « toute naturelle » des activités industrielles dans la zone poudrière et leur évolution vers les activités administratives, service, commerce et industrie propre.
S’organiser pour réussir l’acte II du projet Devant les difficultés énumérées, les solutions doivent se mettre en place intelligemment et rapidement pour gagner le pari de la « Renaissance d’une ville », comme le montre l’un des derniers prospectus distribués par la société chargée du projet.
Les travaux d’avenir seront plus difficiles et devront se faire à la même cadence que la première phase... A cette fin, il serait judicieux et opportun voire obligatoire de constituer un groupe officiel de coordination présidé par le PDG de la même société chargée du projet et où tous les organismes concernés par les environs de l’espace Taparura soient représentés par un membre décideur (SNCFT, Office des ports, Municipalité, UTICA, Groupe Chimique, Ministère de l’Environnement, Ministère du Tourisme, Ministère de l'Equipement, Patrimoine, ONAS etc...), ce groupe, sorte d’administration unifiée ou « guichet » unique aura comme tache la coordination entre les divers intervenants et accélérer les procédures administratives en appliquant les recommandations techniques des experts de haut niveau. Chokri YAICH |